La fin de semaine dernière, se tenait à Saint-Hyacinthe le Conseil général du PLQ, dirigé par Jean Charest. Outre l’absence remarquée de la ministre de la justice, Kathleen Weil, les observateurs ont pu remarquer que le gouvernement Charest gardait le cap par rapport au budget Bachand. Le premier ministre a écarté les questions posées par rapport au scandale de la nomination des juges. Au niveau de la revendication quant à la tenue d’une enquête publique sur le secteur de la construction, aucune avancée n’a pu être remarquée.
Rappelons à ce sujet la position de l’AÉSS, en plus de l’opposition à toute hausse de frais de scolarité en perspective de la gratuité scolaire, votée lors de l’Assemblée générale tenue le 4 décembre 2009.
« Que l’AÉSS s’oppose aux hausses de tarifs généralisées proposée dans le rapport Montmarquette jusqu’à ce qu’un enquête publique sur la corruption soit tenue et qu’une preuve de la hausse de qualité des services suive cette hausse. »
Les hausses de tarifs, dont la fameuse taxe santé, ne sont pas négociables. Certains y voient là une mesure régressive, parfois comparée à l’ancienne «poll tax» britannique. Les mesures fiscalement régressives sont celles dont le taux ne change pas selon le revenu, contrairement aux impôts par exemple.
Cette taxe santé sera d’abord de 25$ en 2010 puis de 100$ en 2011 et de 200$ en 2012. À cela viendrait s’ajouter un ticket modérateur dit orienteur. Les détails de cette dernière mesure ne sont pas pour l’instant fixées et devraient être annoncés plus tard. La taxe de vente du Québec (TVQ), présentement fixée à 7,5% passera à 8,5% en janvier 2011 et à 9,5% en janvier 2012.
Les coupures dans les services constituent un second aspect de ce budget, alors les augmentations de budget d’opérations des différents ministères ont été diminués. Un gel de la masse salariale des fonctionnaires a également été amené par les Libéraux.
Au niveau de la question des frais de scolarité, une différenciation des frais est prévue en fonction des programmes des étudiant-e-s. Cela pourrait signifier qu’une formation en médecine, en droit ou en administration deviendrait bientôt plus coûteuse qu’une formation en lettres ou en sciences humaines. De plus, l’objectif avoué de faire grimper le coût des études à celui de la moyenne canadienne reste dans le champ de mire du gouvernement libéral. Pour ce faire, une second hausse des frais de scolarité est envisagé pour l’année 2012.
Rappelons à ce sujet que les frais de scolarité sont dégelés depuis 2007, alors que survient une augmentation de 50$ par session qui est cumulative. Ainsi, entre 2007 et 2012, les frais de scolarité auront augmenté de 1668$ à 2168$. Ces mesures, déjà appliquées dans le reste du Canada ont eu des conséquences désastreuses au niveau de l’augmentation de l’endettement étudiant. Le principe de l’égalité des chances n’a alors pu être maintenu comme acquis social et un critère financier est venu le remplacer.

